Orlando Pereira

Né au Portugal, Orlando Pereira dos Santos grandit entre son pays natal et Paris. Il commence des études de droit à la Faculté Jean Monnet à Sceaux, puis décide de se consacrer à la  photographie. Il devient assistant pour des photographes de renommée internationale. Il s’installe à New York, et suit une formation à la New-York Film Academy. Malgré une carrière entamée de l’autre côté de l’Atlantique, principalement axée sur la mode, il ressent le besoin de revenir à une photographie plus sincère et créative. Il revient en Europe au début des années 2000 et, tout en continuant à collaborer avec des magazines de mode internationaux, il lance rapidement ses propres projets.

Depuis toujours attiré par les images sur pellicule, il s’est naturellement passionné pour des techniques anciennes totalement artisanales. L’atelier de photographie dans lequel il réalise ses travaux à Paris lui permet de développer une expérience photographique atypique, où, le temps d’une séance, le modèle prend la pose comme à la grande époque des studios de portrait au XIXè siècle. Orlando Pereira dos Santos travaille spécifiquement la technique de l’ambrotype, photographie argentique sur verre au collodion humide. Bien plus qu’une image, c’est un objet d’art unique. La plaque de verre est à la fois la surface sensible et le support de l’image finie. La magie de l’ambrotype réside dans son procédé autant que dans son rendu singulier, aux reflets argentés caractéristiques. Inventée en 1851, la technique exigeante du collodion humide était réservée aux photographes professionnels, en raison des délicates manipulations de substances chimiques et des gestes précis à maîtriser. Ces véritables artisans devaient faire preuve d’un grand savoir-faire.

 

Dans la série des fantômes et des ectoplasmes qui figure dans cet ouvrage et l’exposition qui l’accompagne, Orlando Pereira dos Santos joue sur la part de hasard qu’induit la technique de l’ambrotype, et sa dimension troublante. Nous sommes face à des images uniques dans lesquelles intervient l’aléatoire imposé par le travail de la chimie.

Fantaisies, hallucinations, tourments de l’âme, de la légèreté dans l’intensité, de la poésie dans la bizarrerie, de la grâce dans le trouble. Le photographe s’est laissé tenter par l’expérience des « Photographes Spirite » qui, à la fin du XIXè siècle, faisaient apparaître sur leurs clichés des fantômes, des ectoplasmes, des spectres. Les clichés sont directement pris sur des plaques de verre, enduites de collodion humide et exposées telles quelles entre les murs d’un vieux collège, les courants d’air réveillent parfois les esprits. L’artiste propose ce travail à l’ancienne, chargé de mémoire, en allant à la rencontre des apparitions.

 

 

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