Tony Jouanneau

Né le 9 octobre 1984 dans le Loiret, Tony Jouanneau commence ses études à l’Institut d'Etudes Ibériques de la Sorbonne. Pris à l’Institut d’Arts Visuels d’Orléans (qui deviendra ESAD), il en ressort avec plusieurs diplômes : un Diplôme National d'Art et Technique sur la valorisation des processus d'usure dans la fabrication d'objet et un Diplôme National Supérieur d'Etudes Plastiques sur la conception de dispositifs de soutien à l'action culturelle d'un musée en partenariat avec le MAC VAL de Vitry-sur-Seine. Il enrichit ses études par des cours en ingénierie mécanique, impression textile et tricot à la BCUC University au nord de Londres. En parallèle, il assiste le scénographe Eric Verrier à l'Atelier Brisepain en 2006.

Dès 2005, il intègre le studio textile de Tzuri Gueta dans lequel il est embauché à la suite de son DNSP et où il restera jusqu’en 2016. Du bijou à l'objet en passant par la mise en espace, il est responsable de la conception et du développement de produits, scénographe des espaces d'exposition,  dirige les changements d’échelle et les réalisations graphiques de la société. 

 

Parallèlement à cette activité professionnelle, Tony Jouanneau se forme à la perception des couleurs et aux technologies textiles. Il intègre alors l'atelier de l'artiste Vincent Bizien où il réalise des séries de photos, des monotypes et des gravures, dont la série Constellations, qui fait partie de cette publication, et commence à développer sa propre écriture en tant que plasticien.

 

Tony Jouanneau oriente aujourd'hui ses pratiques vers les biotechnologies. En octobre 2016,  il a repris une formation en Mastère Spécialisé Création et Technologie Contemporaine à l'ENSCI - Les Ateliers dont il est sorti diplômé en octobre dernier. Il travaille désormais sur un projet intitulé Sumbiosis et souhaite le développer dans le cadre d'un doctorat. Sumbiosis est un atelier de recherche expérimentale dans lequel interagissent la science, la technologie, et l'artisanat, dans une perspective d'ennoblissement des matériaux de manière durable. 

 

Dans sa série Constellations Tony Jouanneau croise la recherche scientifique et artistique dans le but d’activer un nouvel imaginaire autour d’une matière, d’un procédé ou d’un objet.  Fasciné par la forme d’un crâne humain qu’il a déniché dans une salle de cours, par sa texture,  l’artiste a trouvé le moyen, à l’aide de lampes placées à l’intérieur, de jouer avec les sillons et l’épaisseur de l’os : et des constellations lui sont apparues.

Pour décrire l’harmonieuse architecture qu’est la boîte crânienne, l’artiste s’est demandé si l’ouvrir à un moment ne reviendrait pas à défier l’espace-temps qui nous dévore pour prétendre avancer ?

Tony Jouanneau a choisi d’ouvrir et de se pencher un moment sur cette boîte. Il l’a prise en photo sous tous les angles. De l’intérieur également, en passant sur une source lumineuse. La finesse de l’os rétroéclairé lui a permis de voir au travers. Il s’y est plongé, a changé d’échelle, et y a vu un ciel étoilé. Pour l’artiste, il s’agissait d’une voûte céleste, du cosmos, de l’infini.

L’artiste a gravé sur une plaque de bois les traces et les points à mettre en lumière et a pressé une série de Constellations.  Lorsqu’elle découvrit cette série, une amie lui parla d’un livre, L’Étrange Encyclopédie du Docteur K : Portraits et horoscopes d’un astrologue indien. Un indien appartenant à une caste d’astrologues s’est émancipé de sa famille pour devenir dessinateur d’ossements sur des chantiers archéologiques. Il est revenu plus tard à l’astrologie. À partir de la morphologie d’un crâne qu’il reliait aux étoiles, il arrivait à déterminer la date de naissance d’une personne, ses goûts, son caractère. Des gens qui recherchaient un parent qu’ils n’avaient jamais pu connaître, mais dont ils avaient une photo, allaient le voir en consultation. Il parvenait à les renseigner sur de nombreux détails biographiques.

Dans le processus créatif de Tony Jouanneau, l’intuition induit l’interprétation, les gestes techniques espèrent un dénouement : une révélation.